Grotte de Diekirch

Grotte de Diekirch
Vue d'ensemble
Le rocher-belvédère de Diekirch se présente sous la forme d'un monticule creux : une grotte ornée de stalactites, des rochers artificiels, et un accès en semi-spirale vers le sommet, avec des marches d'escalier et une balustrade rustique en faux-bois qui constituent l'ensemble.

Il se situe entre l'ancienne gare et le Lycée Classique de Diekirch, à l'entrée des terrains de la brasserie.

La technique de construction, faisant appel à des matériaux nouveaux de l'époque (béton, métal), relève du métier de l"'artiste-rocailleur", un savoir-faire qui a pratiquement disparu aujourd'hui, voir les liens ci-dessous concernant ce sujet.

Grotte de Diekirch
Arbre incrusté
Les rochers-belvédères font partie du vocabulaire de l'architecture des jardins du 16e au 19e siècle. Ce sont des "fabriques de jardin" ; l'expression est empruntée au métier de l'artiste-peintre qui utilisait de tels éléments pour équilibrer la composition d'un tableau. Ces constructions étaient particulièrement à la mode vers la fin, du 18e siècle et au 19e siècle (jardins dans le goût, "anglo-chinois" ; ex. Méreville, Attre ; jardins dans le goût "pittoresque" ou "romantique" en France au début du 19e siècle).

Le genre des rocailles artificielles n'a fait son irruption à Luxembourg qu'à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Les grands aménagements paysagers de Luxembourg-ville et ceux de Mondorf, créés par Edouard André, en font usage.

Les célèbres rochers et grottes artificiels du parc des Buttes-Chaumont à Paris (Alphand et André, architectes) ont été le prototype de telles constructions en ciment armé.

A Luxembourg, des exemples de rocaille naturelle furent créés pour les promenades touristiques au 19e siècle (ex. pont du, Schiessentümpel dans la Petite-Suisse luxembourgeoise).

Grotte de Diekirch
Détail d'une porte en "bois"
Le rocher-belvédère de Diekirch a une importance particulière dans le contexte urbain et régional de Diekirch : à l'époque de sa construction, le rocher se situait à l'entrée véritable de la ville. Diekirch, qui à juste titre peut être considérée comme berceau du tourisme luxembourgeois (cf. Alexis Heck), était pour ainsi dire le point de départ des grands circuits pittoresques vers Vianden et vers Echternach.

Pour les touristes arrivant à la gare de Diekirch, ce rocher "arti-naturel", curieusement isolé du contexte paysager habituel (parc ou promenade) et intégré dans un contexte urbain et industriel (gare, usine, brasserie), annonçait en lui-même l'attrait touristique de la région, à la manière des vignettes et des affiches de publicité des sociétés de chemin de fer de l'époque (ex. affiches des grottes de Han ou de Rochefort).

Il convient aussi de rappeler que vers la même époque, les Diekirchois avaient confectionné un monument mégalithique de toutes pièces, le "Daiwelsälter" (l'autel du diable), pour les mêmes raisons pittoresques.

Grotte de Diekirch
Vue saisissante de l'intérieur
C'est à titre de témoin significatif du passé touristique de la ville de Diekirch à la "Belle Epoque qu'il faudrait conserver, restaurer et remettre en valeur ce petit chef-d'oeuvre méconnu du patrimoine luxembourgeois. L'image de marque de la brasserie de Diekirch ne ferait qu'en profiter. Il en serait de même pour la ville de Diekirch, dont l'entrée actuelle du côté de la zone d'activités d'Ingeldorf n'a rien de pittoresque.

Le rocher-belvédère apporte une note agréable et amusante au quartier de la gare de Diekirch qui forme un ensemble intéressant de bâtiments du 19e et du 20e siècle (ex. gare, brasserie, lycée, maison en style "Art Nouveau", une maison en style éclectique avec une façade en décor peint).


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